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Clip réalisé par Valério Motta à l'occasion du meeting du NPS du 29 avril 2006. Le clip retrace l'histoire du mouvement contre le CPE.
NPS se félicite de l'annonce par le Président de la République et le 1er Ministre du retrait du CPE. Cette victoire de grandeur ampleur, et de grande portée politique et sociale, est celle de la mobilisation sans faille des étudiants, des lycéens, des salariés et de leurs organisations syndicales unies. Nous invitons le Parti Socialiste et la gauche à demeurer vigilants et mobilisés jusqu'au vote de la nouvelle loi par le parlement.
Il s'agit maintenant de tirer sans attendre toutes les conséquences de cette victoire. Cette mobilisation constitue une lame de fond sociale qui confirme et amplifie le rejet de toute orientation libérale, en France comme en Europe, tel qu'il s'était déjà exprimé sans ambiguïté le 29 mai dernier.
Les socialistes et la gauche doivent désormais apporter les réponses nécessaires à cette volonté d'alternative au libéralisme et à cette Vème République à bout de souffle. NPS continuera de prendre toutes ses responsabilités pour que cette formidable aspiration ne soit pas déçue.
NPS organisera le 29 avril prochain un meeting à Paris pour tirer les conséquences de cette mobilisation, qui ne peut être sans incidence dans le projet des socialistes. NPS continuera d'œuvrer sans relâche au rassemblement des forces de gauche sur des bases clairement antilibérales.
Ci-dessous, vous trouverez les communiqués d’Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, David Assouline. En pièce jointe, pour votre information complète, les réactions des syndicats, des différents partis et personnalités de gauche, ainsi que le communiqué de Chirac et l’allocution de de Villepin.
- Communiqué de presse d’Henri Emmanuelli, Député La tentative hasardeuse de porter un coup fatal au code du travail a échoué. Il faut en féliciter et en remercier la jeunesse de notre pays, dont l’engagement et la lucidité sont à la hauteur de notre histoire. Car il ne fait pas feindre d’ignorer que ce rejet puissant d’une orientation libérale imposée s’inscrit dans la continuité du vote du 29 mai 2005. L’initiative et la gestion de ce dossier constituent un immense gâchis dont ce pouvoir, une fois de plus, ne tirera aucune conséquence. L’ignorance répétitive du principe de responsabilité politique, fondement de la démocratie représentative, au profit d’ambitions personnelles, devient insupportable et dangereuse car elle ne peut nourrir que les extrêmes.
- Communiqué de presse de Benoît Hamon, Député européen Maintenant que le CPE est retiré, nous sommes partagés entre deux sentiments : l’espoir et la gravité. L’espoir parce que cette ultime offensive des libéraux s’est conclue par un échec et met fin à l’entreprise de thatcherisation de la société française, thatcherisation par la mise aux normes libérales du modèle social français et à la volonté de briser le syndicalisme en France. Espoir encore parce que la jeunesse et tout le mouvement social ont montré leur disponibilité pour le combat collectif et pour la solidarité plutôt que pour le repli sur les trajectoires individuelles ou corporatistes. Et espoir toujours parce que la société française confirme après le 29 mai 2005 et son rejet du projet de Traité constitutionnel européen qu’elle n’est pas dupe des objectifs des politiques libérales et qu’elle a compris que c’est notre capacité à vivre ensemble qui est mise en cause par la politique libérale et sécuritaire du gouvernement. Mais gravité aussi parce qu’on mesure combien la violence de la politique gouvernementale a créé de tentions dans la société. Gravité parce que, même si cette fois-ci le combat collectif et la solidarité ont prévalu, nous voyons combien cette société peut être tenté par les dérives autoritaires si aucun débouché politique n’est donné demain à ses aspirations et à ses revendications. Gravité encore, car la demande sociale est si élevée qu’elle appelle de la gauche qu’elle soit demain outillée pour préparer une alternative économique, sociale et démocratique à la droite. Que démontre le mouvement contre le CPE si ce n'est la nécessité d'une rupture fondamentale avec les institutions actuelles et la recherche d'un nouvel ordre public social. Que suppose pour les socialistes de répondre réellement à cette demande ? Cela suppose de promouvoir un nouveau partage de la valeur ajouté entre le capital et le travail qui permette de financer de nouvelles marges de manœuvres budgétaires, qui soutienne la croissance et l'emploi par la hausse des salaires et qui garantissent la pérennité du financement de nos système sociaux. Cela suppose parallèlement de défendre une nouvelle règle du jeu démocratique fondée sur l'enracinement de la négociation sociale au cœur d'une VIème République parlementaire.
- Communiqué de presse de David Assouline, Sénateur de Paris Le CPE est bel et bien retiré, même si la vigilance doit s’exercer jusqu’au vote effectif du parlement. C’est une victoire contre la fatalité et la désespérance, les jeunes ont montré que la volonté, la détermination, l’engagement pour s’occuper des affaires de la cité, la prise de parole sur les questions de leur propre avenir, pouvaient changer le cours des choses et briser la désespérance. Pour la période qui s’ouvre, la gauche devra prendre toute la mesure de ce rejet du CPE, d’autant plus qu’en sortant victorieuse de cette épreuve de force, cette nouvelle génération gardera un haut niveau d’exigence démocratique et sociale, il ne faudra pas la décevoir. Le Chef de l’Etat doit le comprendre. En toute hypothèse, nos institutions sont dévoyées. Il faudra, dès l’an prochain, y remédier sans faux semblants.
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Le NPS ne réclame pas seulement le rejet du CPE mais l’abrogation de la totalité de la loi scandaleusement appelée « Egalité des chances ». On ne peut pas éluder l’analyse politique du mouvement de résistance puissant qui se manifeste dans le pays et qui a des répercussions dans toute l’Europe comme l’atteste le soutien au mouvement français de l’ensemble des syndicats européens.
Pour ce qui nous concerne il ne fait aucun doute que ce mouvement, loin d’être une expression de repli, est un mouvement d’avant-garde de résistance à la régression sociale que génère le libéralisme économique qu’il serait plus juste de nommer capitalisme actionnarial et que les peuples subissent sans l’accepter. Il faut le comprendre comme tel et ne pas le confondre, comme le fait la droite avec un quelconque conservatisme.
Si nous comprenons qu’il soit difficile pour certains de faire le lien entre le rejet du 29 mai et le mouvement social actuel, il n’y a, pour nous, aucun doute quant à la continuité de l’amplification du mouvement profond qui porte la société française.
Face à cette aspiration il appartient aux socialistes de mesurer l’ampleur de cette crise et d’offrir une véritable alternative en terme de perspective politique, économique et sociale. Notre responsabilité première est de répondre à l’exigence profonde du rejet de l’orientation libérale qui s’exprime dans le pays.
Dans l’immédiat, si nous comprenons parfaitement que le mouvement syndical se concentre sur l’abrogation du CPE nous demandons que le Parti socialiste exige le rejet de la totalité de la loi dite « Egalité des chances ». En effet, si ses Députés et Sénateurs se sont battus avec vigueur contre le CPE ils l’ont également fait contre l’apprentissage junior, le travail de nuit à partir de 15 ans ou encore contre le contrat familial qui confie aux Présidents de Conseils généraux une mission qu’ils rejettent. Dès lors nous ne pouvons pas donner le sentiment que nous acceptons aujourd’hui ce que nous rejetions hier et qui nous a été imposé aux forceps via le 49.3.
La direction nationale du NPS.