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..."Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution."
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Déclaration de principes de la S.F.I.O.
(1905)
Les délégués des organisations socialistes françaises (parti ouvrier socialiste révolutionnaire, parti socialiste de France, parti socialiste français, fédérations autonomes des Bouches-du-Rhône, de Bretagne, de l’Hérault, de la Somme et de l’Yonne), mandatés par leur partis respectifs et leurs fédérations pour réaliser l’unité sur les bases indiquées par le congrès international d’Amsterdam, déclarent que l’action du parti unifié doit être dirigée par les principes qu’ont établis les congrès internationaux, en particulier les plus récents, ceux de Paris en 1900 et d’Amsterdam en 1904 :
· Ils constatent que les divergences de vues et les interprétations de tactiques différentes qui ont pu se produire jusqu’à présent sont dues surtout à des circonstances particulières à la France et à l’absence d’une organisation générale.
· Ils affirment leur commun désir de fonder un parti de lutte de classe qui, même lorsqu’il utilise au profit des travailleurs les conflits secondaires des possédants où se trouve combinée accidentellement son action avec celle d’un parti politique pour la défense des droits et des intérêts du prolétariat, reste toujours un parti d’opposition fondamentale et irréductible à l’ensemble de la classe bourgeoise et à l’Etat qui en est l’instrument.
En conséquence, les délégués déclarent que leurs organisations sont prêtes à collaborer immédiatement à cette œuvre d’unification des forces socialistes sur les bases suivantes, fixées et acceptées d’un commun accord.
1. Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution.
2. Les élus du parti au parlement forment un groupe unique, et en face de toutes les fractions politiques bourgeoises. Le groupe socialiste au parlement doit refuser au gouvernement tous les moyens qui assurent la domination de la bourgeoisie et son maintien au pouvoir : refuser en conséquence les crédits militaires, les crédits de conquête coloniale, les fonds secrets et l’ensemble du budget.
Même en cas de circonstances exceptionnelles, les élus
ne peuvent engager le parti sans son assentiment.
Au parlement, le groupe socialiste doit se consacrer à la défense et à
l’extension des libertés publiques et des droits des travailleurs, à la
poursuite et à la réalisation des réformes qui améliorent les conditions de vie
et de lutte de la classe ouvrière.
Les députés, comme les élus, doivent se tenir à la disposition du parti pour son action dans le pays, sa propagande générale sur l’organisation du prolétariat et le but final du socialisme.
3. L’élu relève individuellement, comme chaque militant, du contrôle de sa fédération.
L’ensemble des élus, en tant que groupe, relève du contrôle de l’organisme central. Dans tous les cas, le congrès juge souverainement.
4. La liberté de discussion est entière dans la presse pour les questions de doctrine et de méthode, mais pour l’action tous les journaux socialistes doivent se conformer strictement aux décisions du congrès interprétées par l’organisme central du parti.
Les journaux qui sont ou seront la propriété du parti, soit dans son ensemble, soit de ses fédérations, sont ou seront naturellement placés sous le contrôle et l’inspiration de l’organisme permanent établi respectivement par le parti ou les fédérations.
Les journaux, qui sans être la propriété du parti se réclament du socialisme, devront se conformer strictement pour l’action aux décisions du congrès, interprétées par l’organisme fédéral ou central du parti, dont ils devront insérer les communications officielles.
L’organisme central pourra rappeler ces journaux à l’observation de la politique du parti et, s’il y a lieu, proposer au congrès de déclarer rompus tous rapports entre eux et le parti.
5. Les élus parlementaires ne pourront individuellement être délégués à l’organisme central mais ils y seront représentés par une délégation collective égale au dixième des délégués et qui ne sera pas en tout cas inférieure à cinq.
S’il y a une commission exécutive, ils ne pourront en faire partie.
Les fédérations ne pourront déléguer comme titulaires à l’organisme central que les militants résidant dans les limites de la fédération.
6. Le parti prendra des mesures pour assurer, de la part de ses élus, le respect du mandant impératif ; il fixera leur cotisation obligatoire.
7. Un congrès, chargé de l’organisation définitive du parti, sera convoqué dans le plus bref délai sur la base d’une représentation proportionnelle aux forces socialistes constatées lors du congrès d’Amsterdam et calculée, d’une part, sur le nombre de cotisants, et, d’autre part, sur le chiffre des voix obtenues au premier tour de scrutin dans les élections générales législatives de 1902, étant admis que le nombre de mandats représentant les voix électorales ne pourra dépasser le cinquième du total des mandats.
Il ne sera attribué aux fédérations de mandats présentant les voix électorales qu’à partir de mille suffrages obtenus, et le nombre des mandats sera déterminé suivant une progression décroissante.
Journal du dimanche - 2.09.07 |
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Propos
recueillis par Maud PIERRON, à La Rochelle. Coqueluche des médias,
Benoît Hamon est l’un des "jeunes" qui monte au sein du Parti
socialiste. Porte-parole du PS durant les législatives, son nom est de
plus en plus cité pour prendre la succession de François Hollande. Pour
leJDD.fr, ce cofondateur du NPS, tenant d’une ligne à gauche, a accepté
de faire le bilan de La Rochelle et de se projeter dans l’avenir.
Au bout de ces trois jours, quel bilan tirez vous de La Rochelle ? Finalement, cela a été un rassemblement inoffensif, dans le sens où l’on nous promettait le pire. On a vu des députés socialistes attachés à se remettre au travail et ce n’est pas de la langue de bois. Avec un souci de la base au sommet du PS de la jouer collectif, d’inscrire sa contribution personnelle dans la construction d’une intelligence collective. C’est un peu triste de le dire mais c’est déjà une victoire, qui montre à quel point on pouvait être malade. C’est donc une bonne nouvelle. On a de nouveau envie de tirer dans le même sens. Combien de temps cela durera ? Je ne sais pas. Le plus longtemps possible j’espère. L’université de la rochelle a été utile en cela, à un moment qui est celui du diagnostic. Je ne dis pas que les uns et les autres n’ont pas des idées très tranchées sur ce diagnostic mais il fallait commencer à retrouver cette capacité à se parler les uns et les autres sans s’accuser. Pourquoi a-t-il fallu attendre La Rochelle pour retrouver cette possibilité ? On est forcément toujours plus sérieux quand on a des invités extérieurs, qui par la qualité de leurs interventions, leurs réflexions, nous tirent vers le haut. Les absents finalement, tel que Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent le verbe haut, ont eu raison de s’abstenir ? Je ne sais pas. S’il était venu, il aurait assisté à de beaux débats. Si tout le monde avait été là, vous auriez dit, ’c’est toujours les mêmes tronches’ et quand ils ne sont pas là, vous dîtes ’voilà, ils désertent’. Dans tous les cas, on était fautif. Ils n’étaient pas là et ça s’est bien passé. A mon avis il n’y a pas de lien de cause à effet. Que tout le monde travaille avec tout le monde est devenu le mot d’ordre au PS. Mais est-ce véritablement possible de faire travailler ensemble les courants ? D’une certaine manière, cela existe déjà. A notre modeste étage, on s’est réunis, nous les gens de la nouvelle génération, les 30-40 ans, entre Strauss-kahnien, Fabiusiens et membres du NPS. On a réussi à faire l’inventaire de nos désaccords et de nos accords. On s’est rencontré avant l’été, on va le refaire à la rentrée, dans le but d’évacuer les préjugés que l’on peut avoir sur les avis des uns et des autres. On a évoqué la question sociale, démocratique, celle du marché, celle de l’Europe, de l’immigration, de la sécurité, afin de mesurer l’ampleur de ces désaccords. C’est un travail passionnant car il nous permet de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, de vérifier ce qui motive vraiment l’existence aujourd’hui des sensibilités au sein du PS. Car il y a des traditions politiques différentes, des cultures politiques différentes. Et en même temps on veut faire en sorte que les débats s’organisent autour des vraies lignes de clivages qui existent entre nous et pas sur les positions supposées d’untel. Et vous n’effectuez pas ce travail avec les "royalistes" ? Le "royalisme" un objet politique non identifié. D’ailleurs, ce n’est pas encore un courant. Quand j’entends un Vincent Peillon, il ne dit pas forcément la même chose qu’un Julien Dray, et pourtant ils sont tous les deux "royalistes". On peut discuter facilement avec les individus mais avec le groupe "royaliste", c’est plus compliqué. On sait ce que Ségolène Royal pense mais quand certains de ses soutiens disent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’elle a proposé, cela devient complexe. Maintenant que le diagnostic est posé, quelles sont les questions sur lesquelles il faut particulièrement travailler, voire trancher ? La redistribution, sans aucun doute. Aujourd’hui, on a tendance à penser notre rôle comme ’on aurait pas fait comme le gouvernement’, ce qui est bien. Sauf que si on revient au pouvoir dans cinq ans, tous les instruments auxquels on fait traditionnellement appel à gauche pour redistribuer la richesse, pour organiser les services publics, pour protéger les individus - que sont par exemple le service public, la sécurité sociale - seront encore plus dégradés demain qu’ils ne le sont aujourd’hui. Parce que les recettes fiscales ne cesseront de baisser, donc les capacités d’intervention de l’Etat seront encore plus faibles. Parce qu’en 2009, la directive Bolkeinstein aura été mise en oeuvre. Il faut penser la séquence actuelle ainsi : comment faire en sorte que les instruments de redistribution sociale pour lutter contre les inégalités sociales soient demain efficaces ? Ils devront faire appel à de nouveaux prélèvements, à de nouveaux financements. Ce sont des questions hyper lourdes. Pour moi, c’est cette question qui est la priorité et c’est sur celle-ci que nous aurons de gros débats. Votre vision de la redistribution est très éloignée du donnant-donnant de Ségolène Royal. Je crois qu’on a eu un tort durant cette campagne présidentielle, c’est d’insister sur la dénonciation de la société de l’assistanat. Dès lors que la gauche embraye sur ce discours là, tenu par la droite, il y a effectivement plus de chance que les gens votent pour Nicolas Sarkozy. Evidemment qu’il y a des gens qui abusent du système. Mais si on ne comprend pas qu’aujourd’hui, ces abus sont instrumentalisés par les entreprises et le pouvoir politique en place pour remettre en cause ce système, on fait une erreur dramatique. De plus, cette dénonciation de la société de l’assistanat a eu une double conséquence : stigmatiser une population qui serait par définition parasite et contribuer à la remise en cause des mécanismes de solidarité de protection sociale. Tout ça pour dire quoi au final : il faut valoriser la responsabilité individuelle, la responsabilité de celui qui est assisté de s’en sortir seul, de celui qui est malade de payer une franchise pour la maladie. C’est un tort d’embrayer sur ce discours là. Un tort qui accompagne la droitisation de la société ? C’est moins la droitisation de la société que la droitisation du PS. On a l’impression que sur un certain nombre de sujets, on donne le sentiment d’avoir été convaincu par les axiomes de l’adversaire. On ne donne pas spécialement l’impression de courir après la droite, mais on donne, à mon sens, le sentiment d’avoir perdu le fil de nos valeurs. Certains souhaitent une ligne claire et affirmée du PS sur la social-démocratie. Vous applaudissez ? Certains disent ’allez, il faut que le PS abandonne sa prétendue exception et s’alignent sur les standards de la social-démocratie européenne’. Mais la social-démocratie européenne, si on regarde dans quel état elle est, elle dirige 3 pays sur 27 (Grande-Bretagne, Italie, Portugal : ndlr), c’est une blague ou quoi ? On a perdu la présidentielle sur une ligne justement qui a provoqué de la confusion. Ce qui me frappe c’est la paresse des éditorialistes et des hommes politiques, qui se sentent obligés de répondre aux sommations de la pensée dominante à ce sujet là. Moi, ça ne m’intéresse pas ces conneries. Qu’est-ce qui vous intéresse ? Je ne fais de la politique pour être dans le commentaire, je fais de la politique pour être en capacité d’avoir des instruments capables de transformer la société. Ces instruments sont en crise chez nous, mais aussi partout en Europe, ce qui justifie la crise de la social-démocratie européenne. Ce qui m’intéresse c’est prioritairement la reconstruction de ces instruments pour lutter efficacement contre ce que je considère être le creusement des inégalités. Beaucoup vous voient comme le futur premier secrétaire, vous en pensez quoi ? Ça fait chaud au coeur. Je ne suis pas insensible quand on évoque mon nom pour prendre la direction du PS français, le parti de Blum, de Mitterrand, ce n’est pas rien. Ça me touche mais le casting est important, on doit être une dizaine à être cité pour prendre le poste de Premier secrétaire. Mais je pense que tout ça, c’est le feuilleton de l’été. Ce n’est pas amené à durer. Imaginez-vous demain le PS comme un grand parti qui regrouperait toute la gauche, de la gauche centriste à la gauche antilibérale ? Le PS doit rassembler la gauche et tous ceux qui s’en réclament. Si demain le MoDem dit : ’Je me sens plus de gauche que de droite’, je leur dis ’très bien, bienvenue’. Je pense que dans un premier temps il faudrait réfléchir à créer un mouvement ou une fédération de la gauche, dont l’objectif est de commencer à nous rapprocher dans l’opposition à la droite, car il faudra être nombreux, forts, solidaires. Et de préparer un processus de désignation d’un candidat de toute la gauche. Je suis assez favorable à des primaires à l’italienne ouvertes aux citoyens qui voudraient arbitrer et choisir ce candidat là. Les militants demandent une meilleure opposition. Vous estimez-vous audible ? Peut-être pas. Mais on a bien fait notre boulot sur la TVA sociale, même après les législatives. On a été présent sur le paquet fiscal. On a été mal mais on monte en puissance. Je ne suis pas inquiet. Tout le monde au sein du PS n’est pas d’accord sur la méthode pour s’opposer. Certain sont pour l’opposition frontale, d’autre la veulent raisonnée, comme Manuel Valls, qui estime pouvoir faire un bout de chemin sur certains sujets avec Nicolas Sarkozy. Quelle est votre position ? Quand l’intérêt général le réclame, on sait être d’accord, il faut arrêter. Mais je suis pour une opposition résolue à une politique qui jusqu’ici, est la plus réactionnaire qui soit. Il n’y a pas de chemin à faire avec ce gouvernement conservateur. Pouvez-vous nous parler de votre club, ’La Forge’, que vous avez créez ? C’est un think tank qu’on va lancer, avec des intellectuels fin septembre. L’idée c’est de prendre au sérieux le combat de la gauche. De ne pas s’arrêter au travail d’opposition mais de préparer le réarmement théorique et pratique en perspective de 2012. C’est un instrument qui prépare la bataille idéologique culturelle qu’on veut mener face à la droite. Il sera au service de toute la gauche. L’objectif n’est pas de sectariser la pensée mais bien de l’enrichir.
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Dans l'édition de l'Hebdo des Socialistes de ce week-end, un dossier spécial sur l'inscription sur les listes électorales a été réalisé, avec une interview de notre camarade Cali. Bonne lecture et surtout inscrivez-vous sur les listes électorales avant le 31 décembre 2006 !!!
Cali a récemment adhéré au PS, après un long passé de sympathisant de gauche. Objectif : « s’engager pour le changement ». Pour cela, l’auteur-compositeur-interprète de C’est quand le bonheur ? a accepté de devenir le parrain de la campagne d’inscription des jeunes sur les listes électorales, lancée par le Parti socialiste. Entretien en toute simplicité avec un chanteur militant, sur scène comme à la ville.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir dans cette campagne ?
J’avais une foule de bonnes raisons de relever ce défi. Je suis très admiratif du réveil des consciences qui s’opère dans les banlieues grâce à l’action de personnes comme Lilian Thuram, Jamel Debbouze ou Diam’s. Moi aussi, je voulais aider. Et puis, quand on voit Jacques Chirac remettre la légion d’honneur à un type comme Vladimir Poutine, on se dit qu’on ne peut plus laisser des gens pareils diriger notre pays ! Enfin, à 38 ans, je trouve que l’enjeu politique actuel est très différent de l’époque où j’ai pris ma carte d’électeur. On voit l’émergence d’une droite très dure qui flirte avec les extrêmes, par exemple avec les lois sur les sans-papiers. Les flics peuvent aller chercher des enfants jusque dans leur classe pour les reconduire à la frontière. Ça rappelle de mauvais souvenirs… Alors, aujourd’hui plus que jamais, choisir sa voie, c’est important. Le pays est en danger. On ne peut plus se permettre de dire « les politiques, tous pourris » et de ne pas prendre sa carte d’électeur ou de ne pas se déplacer le jour du vote. On l’a déjà vécu ensemble : il y a un vrai risque de voir Le Pen au second tour. C’est pour cela que j’ai accepté la proposition de Jack Lang de devenir parrain de la campagne citoyenne. Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas pour expliquer aux gens pour qui voter ou leur faire la morale. Je suis là pour leur dire : « Vous pouvez faire bouger les choses ! Votez ! »
Vous avez récemment adhéré au Parti socialiste, qu’est-ce qui a suscité cet engagement ?
C’est à Jack Lang que revient tout le mérite de cette nouvelle adhésion (rires). On s’entend bien. Il a suivi ma carrière, il est souvent venu me voir lors des concerts et des festivals pour parler, poser des questions mais aussi écouter. C’est quelqu’un avec qui j’ai vraiment sympathisé, avec qui je me sens des idées communes. Du coup, j’ai tout de suite soutenu l’idée de sa candidature à l’investiture du PS. Pour moi comme pour beaucoup de sympathisants, 2007 représente une chance, un espoir de changement. Alors, tout naturellement, j’ai décidé de sauter le pas et de prendre ma carte du PS en avril dernier. Quand Jack s’est finalement retiré de la course à l’investiture, j’ai été séduit par la personnalité de Ségolène Royal. D’ailleurs Jack Lang l’a rapidement suivie. Pour moi, c’était une sorte de continuité, de logique. Elle incarnait ce changement que j’attendais.
Vos proches et vos parents sont eux-mêmes très militants. Vous êtes tombé dans la marmite de la politique tout petit ?
C’est vrai qu’il y a un « passif » de gauche bien enraciné dans ma famille. Je me souviens de discussions enflammées dans mon village. Mon père était encarté au PS. Je le voyais partir dans des comités de réflexion. Il a pleuré d’émotion en 1981 quand le visage de Mitterrand est apparu à la télé. On est un peu passionné dans la famille… Mon grand-père, Giuseppe Caliciuri, faisait partie des Brigades internationales. Il a rencontré ma grand-mère à Barcelone où il avait rejoint ceux qui se battaient contre Franco. En 1939, ils se sont repliés ensemble en France où ils ont été plutôt mal accueillis. Les résistants espagnols ont été parqués sur une plage, sans eau, sans rien… Certains réfugiés étaient emmenés, on ne sait où, et n’ont jamais réapparus. Tout ça se passait hier, et fait pourtant partie de mon histoire. Alors forcément, je suis un peu plus sensible que d’autres à la question de l’immigration et des réfugiés. Pour moi, l’engagement personnel est peut-être le meilleur moyen de faire bouger les choses. J’en ai été convaincu assez tôt. Vers l’âge de 20 ans, je me suis même présenté à des élections municipales, sans étiquette politique. Je m’en suis sorti avec un joli 20 % des voix. Mais à bien y regarder, je ne sais pas trop comment il faut interpréter ce résultat : un certain Mick Jagger a eu quatre voix cette année-là… Vous imaginez sa tête s’il avait été élu ?
Vous ne vous limitez pas à cette seule campagne de parrainage. À travers diverses initiatives, vous avez un véritable engagement citoyen…
Cette année, j’ai parrainé l’opération de la Fnac, On aime, on aide, un disque contre l’illettrisme et pour le soutien aux enfants déscolarisés ou en grande difficulté scolaire. Je fais partie du mouvement du Chaos social, avec les Têtes raides. Nous faisons venir des militants, des gens de terrain qui interviennent sur des thématiques diverses, le tout entrecoupés de concerts. C’est festif et informatif. Et je donne aussi du temps à ma propre association, L’amour parfait, et à la structure dont elle est partenaire, [Les papas = Les mamans], qui écoute les pères en détresse lors des déchirements des couples ou des divorces. Seuls 10 % des papas obtiennent la garde de leur enfant lors d’une séparation. Certains pères doivent même faire jusqu’à 500 bornes pour voir leurs enfants, dans une chambre d’hôtel minable… La garde alternée devrait être envisagée d’emblée, puis ensuite aménagée au cas par cas. J’espère que Ségolène Royal sera à l’écoute des associations de terrain et qu’elle trouvera le moyen d’introduire des changements rapides et efficaces.
Donc vous êtes plutôt favorable à son initiative de forums participatifs ?
Oui, je trouve ça très sain. Les forums ne sont pas là pour pallier le manque d’idées, comme je l’entends dire parfois autour de moi. Mais pour écouter vraiment les gens sur des thèmes fondamentaux. C’est un nouvel espace de dialogue républicain entre les politiques et les Français. Personnellement, j’attends beaucoup de ces forums. C’est un pari osé et risqué pour Ségolène Royal et ça me plait. Aujourd’hui, le risque est obligatoire en politique. En donnant la parole aux citoyens, elle a créé des attentes fortes auxquelles elle va devoir répondre. Et c’est cela, la nouveauté de Ségolène : avec un bagout incroyable, elle ouvre la porte à tous les Français. Elle opère un véritable rassemblement.
Propos recueillis par Camille Lamotte